Le supergroupe a souvent été sujet aux malentendus dans l'histoire du
rock, ils font saliver les fans, qui inconsciemment additionnent les talents alors que les musiciens, eux, y voient un moment de détente entre deux tournées mondiales, et les maisons de
disques des dollars faciles. Par exemple, lorsque Jack White croise Alison Mosshart à l'anniversaire de Georges Clooney, il lui dit "Hey, t'es en ville demain aprem ? ça te dit qu'on enregistre
l'album de l'année ?" à quoi elle répond " Oui mais on fait vite, j'ai piscine à 16h30" Alors ils font un bon disque sans se fouler, Sony ou un autre commence à teaser sur le web deux mois
avant la sortie et les fans bavent en ajoutant à l'efficacité des White Stripes le charme sulfureux des Kills, puis au final Oui bof. Trois mois plus tard, Dave Grohl boit
des bières chez Josh Homme quand on tape à la porte "Bonjour, je m'appelle John Paul Jones, je suis votre nouveau voisin, je viens d'aménager en face" à quoi le propiétaire des
lieux répond "Hey John, tu saurais pas jouer de la basse par hasard , ça te dirais d'enregistrer l'album de l'année ?" Et c'est reparti, les petits pois etc etc. Sauf que Them
Crooked Vultures, c'est du lourd.
Au premier riff de guitare, on sent la chose narquoise et viscieuse, comme ce vautour cagneux qui vise les agneaux égarés plus bas. Pas besoin de s'énerver, pas besoin de violence inutile, tout
est sous contrôle et c'en est que plus démoniaque. La sérénité négative qui émane de ce tourbillon va corrompre l'innocence qui bêle dans la vallée et ça c'est bon ça, parce qu'elle nous
emmerde cette conne, il y a pas plus hypocrite. Cette puissance tranquille désarçonne n'importe quel gros bourrin et déstabilise n'importe quel petit malin. Elle est irrésistible, et la dernière
fois qu'elle s'était fait sentir, c'était sur le magmatique Songs for the
Deaf des Reines de l'Age de Pierre, et c'était déjà Joshua Homme qui était aux commandes. Car oui, Them Crooked Vultures a beau être signé
collectivement, difficile de ne pas reconnaitre la patte du génial géant roux, dans le classique comme dans l'intrigant, dans le massif comme dans le plus fin. Et bien que le disque commence
dans le plus efficace et basique avant de finir par dans des directions différentes, entre rêveries frelatées et pop metaloide, l'ensemble conserve une étonnante unité. Une rythmique faussement
calme qui pourrait vous sauter à la gorge d'ici peu, la voix de fausset de Josh Homme à l'aise, qui n'a aucun besoin de forcer pour faire sa loi. Facile, la classe désinvolte du
début à la fin.
Voilà, c'est fini les supergroupes de supermusiciens qui se pointent la fleur au fusil pour la petite sauterie entre gens doués. Les trois n'avaient rien à prouver à personne et ils ont posé
toute leur méchante classe sur la chose, et la devise de la famille "Making the possible totally impossible" en dit long sur le mauvais esprit qui l'habite.


A l'époque, les méchants, c'était pas les Islamistes barbus mais les
Communistes moustachus. Et les gentils, ben c'était déjà eux les Américains. Les cocos comme disait mon oncle étaient aigris parce qu'ils étaient moches et pauvres, qu'ils avaient des voitures
qui étaient le degré zéro du désign et que chez eux, il gelait toute l'année. Aux USA, à l'époque, tout le monde avait un sosie de Marylin Monroe assis sur le siège passager de sa Ford
Mustang décapotable, ils étaient toute une nation de gens magnifiques. La vie était douce, ils aimaient déconner et se moquer des cocos, sauf que les cocos, ils étaient armés jusqu'aux
dents. Une nuit, les Yankees étaient allés chez Fidel Castro, un voisin pro-coco et lui avaient rasé sa barbe. Dix minutes après que ce dernier se soit vu dans la glace
le lendemain matin, toute une batterie de missiles était pointé sur le pays béni des Dieux. De quoi faire ressembler la Floride aux steppes Kazakhes, alors il avait fallu déployer toute
la diplomatie pour que la blague ne tourne pas au drame. Mais ce n'étaient rien par rapport à la crise de 1967. Là comme par hasard, il se rappelait plus pourquoi ça chauffait, mais ça
chauffait sévère, encore les cocos qui manquaient d'humour. En fait, c'était clair qu'ils étaient comme deux gamins qui se battent pour savoir qui qu'a la plus grosse. Bref, la sagesse reprend un
peu le dessus, Lyndon
Johnson et Brejnev décident de se rencontrer pour
régler tout ça, ils sont dans un manoir dans la campagne anglaise, avec l'oncle et quelques autres diplomates des deux bords. Et là ça dérape, Brejnev encaisse pas une remarque comme quoi les
uniformes soviétiques sont pas
La Centrifugeuse est une chouette salle de
spectacle situé dans le campus palois, certes sans personnalité, un grand cube noir, mais modulable, bien équipée, et avec une prog interessante. Ce soir, il y a plus de profs que d'étudiants, il
doit y avoir Dr House à la télé. On est en configuration amphithéâtre, et en bas, deux gars en face de leur kora, instrument à cordes de l'ouest africain. C'est Yann Tambour
alias


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