Lundi 9 novembre 2009

J'avais un vieux tonton d'Amérique, qui doit maintenant être six pieds sous terre depuis une dizaine d'années. De ce que j'ai entendu, il avait eu une belle vie et une belle mort. Je l'ai vu une fois, c'était un petit homme vif et très chic, il se portait plutôt bien car sacré bon vivant.  C'était aussi un moulin à parole comme j'en ai rarement croisé. Il vous noyait sous les histoires qu'on écoutait attentivement, se moquant bien de savoir le vrai du faux, la véracité des faits et tout ce qu'il y rajoutait par dessus. Il faut dire qu'il avait été un diplomate de très haut rang dans les affaires étrangères américaines et qu'à ce titre, il avait vu défiler à Washington tous les plus grands. Ce devait être le Noel 1990, j'était encore gamin, il avait traversait l'Atlantique pour visiter mes grand parents, il m'avait porté un Walkman, mais sans cassette. Alors mon père qui en était encore aux 33 tours avait sorti de je ne sais quel tiroir une vieille compil des premiers Beatles quand ils avaient la coupe au bol et qu'ils faisaient hurler les petites, genre Love me do, I want to hold your hand et tout ça. Alors évidemment l'Uncle l'intercepte pour voir ce que c'est "Ah vous savez que c'est grace à eux qu'il n'y a pas eu de troisième guerre mondiale ?" Personne répond, mais il raconte quand même.

A l'époque, les méchants, c'était pas les Islamistes barbus mais les Communistes moustachus. Et les gentils, ben c'était déjà eux les Américains. Les cocos comme disait mon oncle étaient aigris parce qu'ils étaient moches et pauvres, qu'ils avaient des voitures qui étaient le degré zéro du désign et que chez eux, il gelait toute l'année. Aux USA, à l'époque, tout le monde avait un sosie de Marylin Monroe assis sur le siège passager de sa Ford Mustang décapotable, ils étaient toute une nation de gens magnifiques. La vie était douce, ils aimaient déconner et se moquer des cocos, sauf que les cocos, ils étaient armés jusqu'aux dents. Une nuit, les Yankees étaient allés chez Fidel Castro, un voisin pro-coco et lui avaient rasé sa barbe. Dix minutes après que ce dernier se soit vu dans la glace le lendemain matin, toute une batterie de missiles était pointé sur le pays béni des Dieux. De quoi faire ressembler la Floride aux steppes Kazakhes, alors il avait fallu déployer toute la diplomatie pour que la blague ne tourne pas au drame.  Mais ce n'étaient rien par rapport à la crise de 1967. Là comme par hasard, il se rappelait plus pourquoi ça chauffait, mais ça chauffait sévère, encore les cocos qui manquaient d'humour. En fait, c'était clair qu'ils étaient comme deux gamins qui se battent pour savoir qui qu'a la plus grosse. Bref, la sagesse reprend un peu le dessus, Lyndon Johnson et Brejnev décident de se rencontrer pour régler tout ça, ils sont dans un manoir dans la campagne anglaise, avec l'oncle et quelques autres diplomates des deux bords. Et là ça dérape, Brejnev encaisse pas une remarque comme quoi les uniformes soviétiques sont pas
très funky "Comment ça, il est pas funky mon uniforme, je vais appuyer sur le bouton rouge, ça va swinguer par chez vous" et blahblahblah, il est tout rouge le Leonid. Et là la Marseillaise résonne dans l'immense salon, tous les regards se tournent vers la porte d'entrée, il manquait plus que De Gaulle vienne ramener sa science. Sous les yeux effarés des deux délégations, une fanfare fait éruption, les cymbales en premières suivis d'un tambourin puis du tuba, puis des Beatles, dans des vestes napoléoniennes aux couleurs vives, et ils ont chanté tous en coeur "All you need is love, all you need is love, All you need is love, love, love is all you need" et Ringo Star se met entre Brejnev et son conseiller Vlad l'Empaleur et les prend par les épaules. John Lennon dit "All together now" et voilà nos cocos qui tapent dans les mains et là, le bonheur qui apparait sur leur visage, Vlad dévient aussi inoffensif qu'un Krishna. C'est une vrai communion, L'Amour réunit les belligérants dans un rare moment de grâce et d'allégresse, d'ailleurs, à ce moment là, dehors la pluie s'est arrêtée comme par magie et le soleil s'est mis à briller, alors ils sont tous sortis dans le parc et ont fait une ronde sous l'arc en ciel, mon oncle, Brejnev, les Beatles, Johnson, Vlad l'Empaleur, les autres diplomates et ils ont tous repris "Love, love, love, love, love, love, love, love, love"

Et c'est comme ça que grâce aux Beatles, la troisième guerre mondiale n'a pas eu lieu.


Ah oui, les Beatles viennent de se faire relifter et ça inspire pas mal la blogosphère.

Par klak - Publié dans : A LA PETITE SEMAINE - Voir les 5 commentaires - Ecrire un commentaire
Jeudi 5 novembre 2009

... il n'y a que des lignes sans intérêt qui seraient sorties de ces disques qui le sont plus ou moins. Why? a perdu tout son groove ironique, Victorian America de Emily Jane White est long comme un jour de pluie incessante (aujourd'hui par exemple). Quant au retour de Wolfmother, je n'ai pas envie de le qualifier.
il y aurait bien ces illuminés, Edward Sharpe & the Magnetic Zeros, auteurs de cette joyeuse rengaine "Home ! Let me go home ! Home is wherever I'm with you !" qui vous reste dans la caboche.


Le reste bien que sympathique ne casserait pas trois pattes à un canard, le gourou y montrant même une face cachée, hantée par les âmes errantes de Monument Valley.
Alors j'écoute le Myspace de
The Dutchess & the Duke en attendant que leurs cds arrivent dans ma boîte aux lettres.

 

Par klak - Publié dans : A LA PETITE SEMAINE - Voir les 9 commentaires - Ecrire un commentaire
Lundi 26 octobre 2009

La Centrifugeuse est une chouette salle de spectacle situé dans le campus palois, certes sans personnalité, un grand cube noir, mais modulable, bien équipée, et avec une prog interessante. Ce soir, il y a plus de profs que d'étudiants, il doit y avoir Dr House à la télé. On est en configuration amphithéâtre, et en bas, deux gars en face de leur kora, instrument à cordes de l'ouest africain. C'est Yann Tambour alias Thee Stranded Horse et Ballake Sissoko, maître de la discipline. Bêtement je m'attendais à voir un monsieur en longue tunique blanche, non il est en asics et pull camioneur. On va assister plus à un récital qu'à un concert, le public est attentif, les musiciens ultra-concentrés, le chant est rare et la musique transporte à mille lieux, sur les rives d'un fleuve symonyme de vie au milieu de terres asséchées. Elle est tout à fait paisible et le tempo reste quasi inexistant. Et pourtant, jamais la lassitude ne gagne l'assemblée tant l'osmose est belle entre les hommes et leur instrument, entre le maître, qui joue les yeux fermés, caresse les cordes, son visage respirant le bonheur et le petit scarabé, pourtant initiateur du projet mais qui fixe le soliste africain, le regard plein d'étoiles. Yann Tambour attrape aussi de temps en tant une guitare et dit qu'il a fini d'être sage. Le tempo ne s'enflamme pas mais s'intensifie. On assiste alors à la réunion du folk et de la kora et on ne sait plus si les roseaux qui s'agitent devant nous sont ceux du fleuve Colorado ou du Niger.

Et puis le lendemain, les tribunes sont retractées et l'électricité fut. Enfin pas tout de suite. Les texans de
Balmorhea étiqueté post rock donne plus dans un folk de chambre avec piano, violon, violoncelle, contre-basse et guitare ou banjo. La solennité de la chose est un peu glaçante, le ou la musicien(ne) qui ne joue pas reste comme pétrifié en attendant son tour. La musique est méticuleuse, elle est belle, mais ça s'envole que trop rarement, et il manque un peu de poussière dessus. Moi je suis désolé, mais je ne peux pas retenir mes baillements. Puis c'est au tour de Shannon Wright et de ses deux acolytes. Pour moi, une chanteuse américaine rock revient toujours vers le folk et la country, les clichés tombent ces jours ci. La dame est électrique et le son n'a rien de rebondi ou moelleux, il est cru. Elle commence par deux titres du nouvel album, le seul que je connaisse pour l'instant et chante sans retenue à gorge déployée quand il le faut. On ne voit quasiment pas son visage, caché derrière une densité capillaire plutôt impressionnante. C'est un peu le contenu du concert, Shannon Wright carresse l'auditoire avec du papier verre, je ne sais pas si elle en est consciente, si elle y prend du plaisir, je pense plutôt que c'est comme ça et pas autrement. Les choses changent lors du rappel, elle s'installe au piano pour trois morceaux toujours sans douceur. Elle a rabattu sa frange sur un côté, on voit un visage dur et marqué. Le groupe remonte pour un titre qui s'approche du Third de Portishead, elle hurle et se déforme comme une écorchée vive, puis finit seule, titube sur la largeur de la scène en martyrisant sa guitare. Pourquoi se faire tant de mal ? En tout cas, nous faire partager sa souffrance de la sorte, c'est pas sympa ...


Pour lire le compte rendu du concert lyonnais de Shannon Wright, vous pouvez aller chez Xavier et chez La bUze.



The Mountains

Aussi dépouillé et aussi plein de mille choses, Dieu que la voix de cette jeune californienne est une merveille. Si j'étais fou, je traverserais l'Atlantique sur le champ, d'ailleurs j'ai déjà de l'eau jusqu'à la taille.


http://www.myspace.com/mountainss

Par klak - Publié dans : A LA PETITE SEMAINE - Voir les 3 commentaires - Ecrire un commentaire
Mercredi 21 octobre 2009

Quand La bUze m'a tagué, il ne m'a dit que la peste noire s'abattrait sur ma famille si je ne m'exécutais, pas, donc pas de stress. Le sujet, la littérature, n'est pas mon fort, mais je me suis dit que je pourrais toujours le ressortir une semaine où l'inspiration me ferait défaut. Comme celle-ci par exemple.
Je disais donc que les bouquins n'étaient pas mon fort.  Pendant de nombreuses années, je me suis contenté du Rock'n'Folk, Basket News et des quotidiens qui tombaient sous ma main. Le traumatisme né des lectures forcées du lycée (Les Confessions de JJ Rousseau, sujet du BAC de français, j'en ai lu 40 pages) ne s'est estompé que récemment quand j'ai mis les pieds dans la médiathèque en bas de chez moi, pour chercher des CDs et que je suis remonté avec J'irais craché sur vos tombes de Boris Vian. Je me suis mis à lire sérieusement il y a 3-4 ans et je fais ça très lentement, donc je n'ai pas énormement de matière pour répondre aux questions. Mais stop les excuses.

Plutôt corne ou marque page ?
je supporte pas qu'on maltraite les pages, surtout des livrets de CDs, mais aussi des livres. Donc, j'utilise un marque page, j'en ai un joli, offert avec
The Locked Suitcase de Sibyl Vane.

As tu déjà reçu un livre en cadeau ?
Oui, J'ai un très bon souvenir de L'Erreur est Humaine, un recueil de nouvelles signées Woody Allen, un petit bijou d'absurde et de dérision, qui prend le plus souvent pour cible les classes aisées New Yorkaises. Au dos, les critiques de Elle et de Figaro Madame sont élogieuses.

Lis tu dans ton bain ?
Alors tu vois, Klak n'a pas le temps de se prélasser dans un bain avec une créature de rêve qui lui frotte le dos. De toute façon, il n'a qu'une cabine de douche, et non, il ne lit pas sous la douche, car quand  il est sous la douche, l'eau est allumée et elle mouillerait les pages. Il pourrait très bien lire sous la douche éteinte, mais autant se mettre au lit.

As-tu déjà pensé à écrire un livre ?
Oui, plein de fois, mais jamais plus de 30 secondes d'affilé, ce qui est trop peu pour développer toute une histoire.

Que penses tu des séries en plusieurs épisodes ?
Euh .. à priori, je n'ai rien contre.

As tu un livre culte ?
Non, je pense que l'adjectif culte est trop fort. Mantenant, je peux te faire une liste, genre les 5 livres qui m'ont le plus marqué, ça te dit ?
Oui pourquoi pas ...
Alors je dirais, dansle désordre...
 L'Orange Mécanique de Anthony Burgess, aussi marquant que le film sinon plus, la violence contre la violence, l'aliénation qui rend notre petit Alex encore plus fou, mais bon vous connaissez. J'aime bien l'argot qu'utilise le héros, mélange de gitan et de russe.
Le Démon de Hubert Selby Jr, Harry est accro, pas à l'héro ni à l'alccol, entre midi et deux, il emballe une passante comme (beaucoup) d'autres avalent un jambon beurre. A partir du jour ou il se marrie, il dérive à toute vitesse vers d'autres addictions, toujours plus dangeureuses.
Sur la route de Jack Kerouac, il était un temps où des ahurris se tapaient San Francisco - New York en voiture ou en stop comme ça, juste pour voir. Le livre a fait réver des générations, la liberté, les cuites, l'insouciance, les bordels mexicains, mais moi, il me rend triste, est ce que Kerouac sait ce qu'il cherche ? est il heureux ? Non. A un moment, dans un bled du Colorado, c'est la grosse beuverie, lui regarde un mont qui les surplombe et se dit qu'il n'est rien.
L'Etranger d'Albert Camus, c'est court, abrupte. Un coup de chaud Bang Bang, il se prend tous les maux de la société sur le dos.
L'Idiot de Dostoievski, le prince et sa bonté, sa naiveté arrive au beau milieu de la grande bourgeoisie de Saint Petersbourg et ses intrigues des plus complexes. Un voyage dans le temps dans une société et une époque d'une hypocrisie remarquable.

Aimes-tu relire ?
Ma liste de trucs à lire est tellement longue que je n'y songe même pas !

Aimes-tu parler de tes lectures ?
Les occasions sont plutôt rares, de plus, à part raconter l'histoire, je ne sais jamais trop quoi en dire, j'ai du mal  à analyser, à sortir du premier degré. Pour moi American Psycho, c'est l'histoire d'un gars qui tue et viole, c'est pas la critique d'une société qui part à la dérive.

Comment choisis-tu tes livres ?
Au hasard. Je me dis toujours de noter les titres loués sur le web et qui me brancheraient. Mais quand j'arrive en face des rayons, mon ignorance prend le dessus et je me retrouve alors bien embêté. J'essaie tout simplement de me rappeler le nom d'un écrivain qui sonne bien et je lis le dos du bouquin.

Une lecture inavouable ?
Non. De toute façon je ne sais pas qui sont les auteurs que c'est trop la honte de les lire.

Des endroits préférés pour lire ?
Mon lit. La chaise longue sous le catalpa, chez mes parents.

Lire ou manger ?
Il n'y a pas grand chose qui puisse me faire sauter un repas.

Livres empruntés ou achetés ?
Empruntés à la médiathèque, les achats sont très rares.

As-tu abandonné la lecture d'un livre ?
Oui. Récement un receuil de poèmes de Jack Kerouac, qui me laissait pour le moins perplexe. Puis le Festin Nu de William Burroughs que je trouvais vraiment trop malsain, glacial, pharmaceutique.

Quel est ton dernier achat ?
Le Maître et Marguerite de Mikhail Boulgakov. Systool en avait parlé alors que j'étais en plein cycle russe. Ecrit sous la terreur stalinienne par un homme malade, on rencontre le diable sous les traits d'un illusionniste qui sème le désordre dans Moscou, Jésus et Ponce Pilate ainsi q'un écrivain désespéré accompagné de Marguerite.

Tu tagues qui ?
Personne. Celui qui veut, il prend.

Par klak - Publié dans : A LA PETITE SEMAINE - Voir les 9 commentaires - Ecrire un commentaire
Mardi 13 octobre 2009

J'ai pas mal parlé de la Maison Tellier dans le passé, aujourd'hui, je laisse la parole à Raoul Tellier, guitare et banjo chez le collectif country folk normand. Il nous éclaire sur la musique qui l'a marqué au court de sa vie, des vacances en famille aux derniers concerts vus. C'est un plagiat de la rubrique Mes disques à moi de Rock&Folk, oui, cétait les pages que je préférais quand je lisais le bouquin. Allez, je pose les questions en vert et Raoul répond en blanc. Beaucoup de folk, mais pas mal de jazz aussi ...

Premier disque acheté même si c'est Big in Japan ou Benny B.
Hola, bon... J'ai un peu honte, mais vu que j'en ai déjà parlé sur le blog, il y a prescription... Mon premier CD acheté, c'était Land of the Midnight Sun de Al di Meola, un affreux gratteux de jazz rock. Un disque bien moche des 70's, mais qui a un certain charme si on a beaucoup d'humour...
Cela dit, j'ai dû acheter avant des K7 audio (et oui, je suis de cette génération), et là pour le coup, la première devait être une compile de Dire Strait, c'est pas tellement plus présentable remarque... Moi c'était wind of change des scorpions Ahahahaha!
Sinon, mon premier vynil c'était Harvest, ça rattrape ou quoi? Oui.

C'est quoi les premiers chocs musicaux à l'adolescence ?
Je pense les grands classiques... Beatles, CSNY (que j'écoute depuis tout petit...), Jimi Hendrix, Led Zep, Nick Drake... J'ai fait un long bloquage sur la fin des 60s, Woodstock et compagnie...
J'ai eu une bonne grosse période "guitare"  (j'ai commencé vers 13 ans) à l'adolescence et forcément, j'écoutais plein de disques de guitare, plutôt blues rock et beaucoup de Jazz.
J'ai découvert les groupes contemporains sur le tard, vers la fin du lycée et le début de la fac. Avant, j'écoutais quasiment rien de plus récent que 1974...Et puis j'ai commencé à écouter ce qui ce faisait à l'époque. Je me souviens avoir pris une grosse claque avec Beck et RATM, et puis Radiohead, Elliot Smith plus tard... Récemment, j'ai vraiment bien aimé les Fleet Foxes Je préfère Elvis Perkins Ah très bien aussi, moi j'aime bien, mais c'est surtout Helmut qui est fan... Et lui n'aime pas trop Fleet Foxes, on se bat pas mais presque!...
Sinon, quand j'étais tout jeune, mon père écoutait pas mal de folk anglais (Renbourn, Bert Jansch...) et un peu de country, du bluegrass, alors ça m'est toujours resté dans un coin de la tête, j'y reviens régulièrement.
A
h, et Brassens aussi tiens.

Pas des artistes qui passent en ville tous les ans, c'est quoi tes grandes souvenirs de concerts vus ?

Ah oui tiens... Alors, c'est bateau, mais Radiohead à Rock en Seine, j'ai bien bien apprécié... Bashung à l'Olympia, pour sa dernière tournée, j'ai bien eu le frisson aussi. John Renbourn, parce que c'est mon héros de la guitare, et qu'il a joué une seule fois en France en 30 ans, à Niort!... J'avais invité mon père à ce concert, il avait quelques vynils que j'ai bien sûr écoutés et surécoutés étant gosse...
Ca n'a rien à voir, mais j'ai vu plusieurs fois Brad Melhdau, en trio et en solo, et à chaque fois, j'ai pris une grosse baffe... et puis Kenny Garret aussi, un saxophoniste de jazz qui assure, aussi bien dans le jazz classique (hard bop, be bop, ...) que dans le moderne (il a une approche assez funky du jeu...).
Dans un tout autre style (héhéhé), j'ai vécu le meilleur pogo de ma vie à un concert de Soulfly...
Et puis pour finir, tous les concerts de The Elektrocution sont des tueries!

Quelles rencontres discographiques font qu'on s'interesse à la country/folk, est-ce Gram Parson ou Will Oldham que l'on retrouve dans Second Souffle ?
Ca vient des vynils que mon père écoutait quand j'étais tout petit. Il faisait des cassettes pour la voiture, je me souviens de longs trajets pour partir en vacances avec Les Kentucky Colonels, Simon and Garfunkel comme bande son, ou des choses plus curieuses, comme les guitaristes Bert Jansch ou Leo Kottke.
C'est plus tard que j'ai découvert les grandes figures du folk, Dylan, les Byrds, je connaissais déjà Neil Young mais pas en solo, et puis encore après, la country alternative, Will Oldham justement, ou Herman Düne. Gram Parsons ou même Johnny Cash, ça fait pas très longtemps que j'écoute, je m'y suis mis un peu par hasard, et ça m'a pris du temps, au début je trouvais ça trop "rock"... Maintenant je suis fan transi...

La Maison Tellier aime bien adapter à sa sauce des artistes aussi variés que Rage against the Machine ou Britney Spears, quels sont les gouts insoupsonnables de son joueur de banjo ?
Insoupconnable... Je ne sais pas. J'ai beaucoup écouté du Jazz à un moment donné, moins maintenant, j'aime mieux le format "chanson". Mais je reste un grand admiteur de Coltrane, Mingus et Monk. J'aime aussi beaucoup Brad Meldhau (bon ça fait un peu "bobo" de dire ça, mais je m'en fiche).
J'écoute de plus en plus de classique aussi, toutes époques confondues, sans vraiment de méthode.

Et dans la fratrie Tellier, est ce que tout le monde est coincé dans les années 60 ? Y a t il des rappeurs ou des metalleux ? 

Ahhh, bonne question... Alors Alexandre notre batteur a eu sa période métal compliqué (Messhugah, Gojira, ce genre...) et reste un grand fan d'électro (je le soupçonne de bricoler en cachette quelques morceaux). Helmut a eu une bonne période hip hop (d'où la reprise des Grave Diggaz sur "Le Second Souffle") et reggae... Moi aussi d'ailleurs, enfin plus hip hop que reggae (mais que du classique hein, Wu Tang Clan, Cypress Hill, Beastie Boys,... ou même I Am et NTM, mais moins quand même...je préfère le rap US).
Sinon, un peu de punk aussi, estampillé 1977... J'aime bien Television et les Sex Pistols, pas trop les Clash (désolé, mais je trouve ça chiant...).
Et puis on a nos intégristes aussi, Leopold (trompette ) et Alphonse (basse) sont des jazzeux-classiqueux indécrottables.

On t'imagine bien remuer ciel et terre à la recherche de rareté tombée dans l'oublié depuis des décénies. As tu des disques fétiches totalement improbables ? Des groupes psyché qui ont existé 15jours le temps d'enregistrer en 3 exemplaires un chef d'oeuvre cosmique (ou des trucs dans le style) ?
Heuuu... Je ne suis pas du tout collectionneur, ni un amateur très pointu... je n'ai d'ailleurs pas tant de disques que ça, et je me sers pas souvent de ma platine vynils non plus... Je ne crois pas avoir de perles rares. Je me suis bien lâché sur Bert Jansch, mais c'est pas très difficile à trouver, au pire il suffit d'aller faire un tour chez un disquaire anglais...
Non la plupart des disques que j'écoute régulièrement n'ont rien d'extravagants... même si je dois être le seul de mon entourage à écouter le premier album solo de David Crosby!
Ah, au rayon bizarre j'ai aussi un horrible CD de Steve Vai, c'est un double, il est immonde, je l'ai acheté d'occase juste pour la pochette...qui est en 3D!!! Je crois que j'ai jamais réussi à l'écouter...
Beurk.

Quelle chanson t'a fait pleurer ? Laquelle te met une pêche formidable ?
Ah. Je ne pleure pas souvent. En général, la musique me mettrait plutôt la pêche que l'inverse...C'est cliché, mais chaque fois que j'entends les premières notes de Out on the Week end, je souris. Certaines chansons des Beatles aussi, I am the Walrus, Dear Prudence... Peut être que si on me passait l'intégrale de Franck Michael en boucle je pleurerai, c'est bien possible à la longue!

Si tu échouais sur une ile déserte ou il y aurait tout de même une chaine hi-fi et un poteau électrique, quels trois disques regretterais tu de ne pas avoir sur toi ?
Fallait bien en passer par là je me disais bien aussi!... Heuuuuuuuuu....
B
on, Déjà Vu de CSNY.
Le White Album des Beatles (d'ailleurs je ne l'ai même pas dans ma maison pas déserte).
Pfffffffff, c'est dur!
Led Zeppelin IV?... C'est acceptable

L'actualité de la Maison Tellier ?
Le studio (enfin!...) en novembre, pour enregistrer le 3ème album... Sortie prévue début 2010, avec tournée dans la foulée, si tout se passe bien... On croise les doigts!

Tu es déjà en mesure d'en dire 2-3 mots ?
Et bien je crois que c'est notre meilleur à ce jour, voilà! Y'aura 13 chansons, moitié français moitié anglais, comme les autres.
Pas de grande révolution au niveau musical, on reste quand même un peu dans la lignée des deux premiers, ce ne sera pas un album trip hop quoi! Mais avec quelques petites nouveautés tout de même... On vous laisse la surprise!


Par klak - Publié dans : A LA PETITE SEMAINE - Voir les 3 commentaires - Ecrire un commentaire

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