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2011, l'année des Dames n°3: Alela Diane, Jesse Sykes & Sarabeth Tucek

2011, l'année des Dames n°3: Alela Diane, Jesse Sykes & Sarabeth Tucek

Alena Diane & Wild Divine - S/T

Alela ! Qu'est ce qui ce passe ? C'est quoi ce synthé à la Supertramp qui ouvre ton nouveau disque ? Et ton caractère, tu l'as mis où ? Passe encore le pompeux To be Still, ça peut se comprendre, après le joli succès du premier album, on se grise et rajoute des dorures de partout, erreur de jeunesse. Mais là, ce disque avec Wild Divine, c'est d'une platitude ! D'ailleurs qui est ce groupe de baloch' qui accompagne ? On trouve là Monsieur Diane Père, un gitan au cheveux gras et au visage tané, qui taquine la gratte en sandales, pas le style de papa qui rêve que sa fifille gagne à la Star Ac'. Il y a aussi Matt Bauer, l'homme à la chanteuse, un gaillard illuminé, le crâne rasé et la barbe fournie, le genre d'intégriste de l'Americana à dormir avec son banjo. Ces deux là sont sur scène avec Alela Diane depuis ses débuts, donc c'est pas leur faute. Non, il y a quelques bons moments sur ce disque et ça fait toujours plaisir d'entendre sa voix si particulière, mais ça reste du domaine de l'anecdotique, rien qui pourrait soutenir la comparaison avec la puissance de titres comme The Rifle ou Pirate's Gospel. Dommage. Alors je vous propose un petit Matty Groves pour faire passer la déception.

Au fait, quelqu'un sait ce que devient la petite Mariee Sioux ?

Alela Diane & Wild Divine, à écouter sur Grooveshark.

Jesse Sykes & the Sweet Hereafter - Marble Son

Pour moi, elle était le prototype la folkeuse pleureuse, au coeur éternellement brisé, qui n'a plus souri depuis ces dix ans, qui ne trouve pas d'endroit plus sympa qu'un cimetièrepour y interprêter Doralee (avec les corbeaux qui croassent pour l'ambiance). Et puis cette voix, quelle gravité, elle est austère, pas un rayon de soleil, pas la moindre lumière n'émane de Jesse Sykes. Je l'avais vu sur scène accompagnée de ses fidèles Sweet Hereafter pour un efficace rock à papa qui m'avait fait un peu changer d'avis sur sa personne. Aussi, quand son nouvel album est annoncé comme la rencontre de Cat Power et de Black Mountain, je ne sais pas si je dois en avoir peur ou pas. Peut être l'occasion pour la dame de mettre toute sa misère dans un chef oeuvre, en tout cas elle passe clairement dans une dimension supérieure. Marble Son, c'est le nom du disque, ouvre par Hushed by Devotion, 8 minutes qui plante bien le décor aride, la chanteuse n'a pas changé, solemnelle, sa détresse est sèche, mais ses Sweet Hereafter sont passés d'un brave country rock à une puissante tornade psychédélique, voir le long jam final. Ce titre est comme un condensé des 50 minutes restantes, qui seront plutôt longues. On navigue entre ballades aux accents honky tonk, du folk à la country rock chantées par Madame. Elles sont bien faites mais m'ennuient souvent. C'est donc les parties instrumentales qui seront les meilleures, cette tornade funeste qui revient surPleasuring the Divine puis Weight of Cancer cette longue plage désolée. Mais préférer les parties instrumentales dans un disque qui porte en premier lieu le nom d'une chanteuse, c'est bien le signe que cette dernière n'est définitivement pas pour vous.

A lire: Jesse Sykes, funambule en marche vers le Styx de Thierry the Civil Servant, à écouter sur Deezer.

Sarabeth Tucek - Get well soon

Ne trouvant pas grand charme aux cowgirls Alela et Jesse, je me tournais alors vers Sarabeth Tucek. Sarabeth, voilà déjà un prénom qui me plait, il y a un côté aristocrate en même tant qu'un parfum de bohême qu'on retrouve dans ses disques, ici son second Get well soon. A la guitare ou au piano, elle garde une prestance et du caractère tout en avançant un folk propre et fragile, The Doctor par exemple, qui garde quand même une fraîcheur bucolique toute printanière. En cela elle nous fera penser à Cat Power et si on veut continuer dans les comparaisons faciles, on parlera d'une Neil Young au féminin pour sa facilité à brancher l'électricité pour des ballades folk-rock pleine de sérénité, comme The State I am in. D'ailleurs, l'éléctricité connait la demoiselle puisque c'est dans l'entourage de Anton Newcombe et du Brian Jonestown Massacre qu'elle a fait ce début, on l'a même vu participer à un tribute des 13th Floor Elevators. Pourtant pas d'envolée psychédélique dans ce disque, sauf sur le début brumeux de Rising, celui de Exit Ghost pousse même jusqu'au noisy. Ue voix toute enchanteresse, une personnalité qui la fait sortir du lot, une belle maitrise musicale, Sarabeth Tucek a tout pour plaire.

Get well soon, à lire sur JazzBluesandCo, à écouter sur Deezer.