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The Horrors - Skying

The Horrors - Skying

J'y ai tourné autour quelques temps avant de m'y jetter dedans pour de bon, car The Horrors sont quand même un des groupes les plus excitants de ces dernières années. Mais quand j'ai écouté le premier extrait, j'ai pensé aux Simple Minds, un nom tabou dans le milieu, alors j'ai fermé l'ordi et fait comme si je n'avais rien entendu. Puis le nom a commencé à circuler ça et là, de blog important en presse nationale, le tabou n'existait plus grâce ou plutôt à cause d'eux. Et puis d'abord, j'y connais quoi au Simple Minds, hein ? Deux singles entendus à la radio comme tout le monde, Don't forget about me et Mandela Day, c'est tout. Et puis au pire, c'est de la musique aux airs héroiques qui est chiante, rien de plus, pas de quoi vomir son repas. Alors, The Horrors aspirent à la lumière, ils en ont assez de cette noirceur cauchemardesque ? Ils ne veulent plus vivre entre un mur de pierre suintant d'humidité et trois bennes à ordures ? Ils ont le droit, alors ouvrons nous àSkying, ce ciel nébuleux et voilé.

Oui, le nom de Simple Minds n'est pas tombé là par hasard, Still Life, Dive In, quel ennui ! C'est exactement ça, des titres qui rêvent de grandeur mais qui sont simplement chiant comme la pluie, et le pire, c'est qu'il en est de même pour la moitié du disque. On entend même la voix de Faris Rotter se muer en celle de Jim Kerr, oui la voix de celui qui tournait en rond comme une furie sur les planches de Barbey en crachant dans son micro. On connait le talent du groupe, on sait qu'il est capable d'exceller dans le registre du rock synthétique, le dernier album Primary Colours en est bien la preuve. Et puis arrive en fin de disque,Moving Further Away. Une boucle entêtante, une phrase trainante qui revient sans cesse et puis tout à coup la pochette qui nous apparait, les mouettes qui chantent, un couché de soleil synthétique, avec les mêmes couleurs, puis le titre repart plein de grandeur. Magnifique, ils dépassent tout sur ce morceau. On connait le groupe, on sait qu'ils sont arrogant, qu'ils veulent être au dessus, qu'ils rêvent de grandeur, et là, ils balayent une bonne partie de ce qui précédait surSkying et montre aussi que l'intrusion des Simple Minds n'étaient pas une inspiration mais un accident dû à sa médiocrité et ils planent bien au dessus de tout ça durant ces huit minutes.

Heureusement, tout ce Skying n'est pas à mettre dans le même sac, il y a d'autres titres à sauver, I can see through you, on sent la rythmique qui emballe, la puissance monter dans les claviers et puis on retrouve de la fougue dans le refrain, les yeux fous du chanteur qui transpercent les premiers rangs, la dangeureuse emprise de tout le groupe qui fonctionne à nouveau. Puis, après une longue intro qui vous ferez vous endormir dans un ascenseur, explose l'entêtant Endless Blue sur un authentique riff à la Sex Pistols, ce qui ne court pas les rues. On sauvera aussi Monica Gems, on retrouve là un peu le côté poisseux et malsain des premiers titres, un morceau acide, de ceux qui mettent mal à l'aise.

The Horrors ne sont pas de ceux qui feront le même disque durant vingt ans, il faut qu'ils avancent, qu'ils évoluent vite, très vite, Primary Colours n'avait déjà rien à voir avec Strange House, dans la forme du moins. Ici, ils ont voulu quitté la noirceur pour la lumière, pas une clarté divine qui vous éclaire de bonté, non, ils voulaient plus que vous éblouir, vous aveugler, vous brûler les yeux pas leur génie. Force est de constater que c'est loupé, Skying est leur moins bon album à ce jour, force est de constater qu'ils en sont capables.