C'est avec beaucoup d'impatience et un rien d'anxiété que j'attendais Era Vulgaris. Je sais bien que c'est pas raisonnable mais j'espère toujours mieux que Songs for the Deaf. Cette coulée de lave venue des trippes de l'enfer est pour moi le disque de ce nouveau millénaire. Les Queens of the Stone Age le savent bien, ils ont atteint le sommet avec ce disque, la fin d'un cycle débuté avec l'aventure Kyuss. Il leur faut maintenant s'attaquer à une nouvelle montagne et ça ne sera pas chose aisée.
Lullabies to paralyse n'est pas passé 10 fois sur ma platine, Era Vulgaris en fera quelques uns de plus mais ne deviendra pas un de mes classiques. Pourtant
pochette excellente, 2 têtes d'ampoules humanisées et bien fracassées dans un style de comic de fanzine. Il y a même une légère trace circulaire blanche façon vieux 45 tours usé. Elle aurait pu
être celle d'un garage band 60's. Mais reste la musique et c'est le plus important. Josh Homme en grand admirateur des Kinks, semble vouloir se démarquer du
stoner, un style auquel il a donné ses lettres de noblesse. Le déluge de guitares a bien lieu et la pluie est cinglante donc pas toujours agréable. Le single Sick Sick Sick, sur
lequel Julian Casablancas, chanteur des Strokes, apporte un peu d'urgence, se la joue virée sauvage mais reste beaucoup moins entêtant que Go with the flow ou
Feel good hit of the summer. Mark Lanegan, dont la voix rauque se repère normalement très vite, est plutôt discret, en fait je n'ai pas trouvé sur quel morceaux il intervient.
Côté participation, j'attends toujours un vrai duo déluré où Josh Homme serait accompagné de sa chère et tendre Brody Dalle, à mi chemin entre Bonnie and
Clyde et Natural born killer. Faudra que je leur en parle. Et puis le chant du patron semble venir du parking du studio quand il ne prend pas une voix de fausset pénible. Il n'y a que sur
Run pig run qu'elle se remet à flotter comme aux plus beaux jours, mais ici au dessus d'un troupeau de porcs au galop. Les meilleurs titres sont donc les plus
classiques 3's & 7's ou le placide Make it with Chu. En fait, le génie diabolique de Homme ne reprend le dessus que sur Battery Acid mais il
ne le controle pas. Le morceaux hypnotique s'emballe totalement et le pauvre fan des QOTSA se fracasse la tête contre le 1er mur venu. Et tout le final de Era Vulgaris est
empreint de cette folie et les riffs sont obcédents et mettent l'auditeur mal à l'aise. Déficience sanitaire, impropre à la consomation.
Voilà, dur dur d'émettre un avis définitif sur ce disque bizarre et un brin psychotique. Le groupe semble prendre un virage rock plus classique mais ne résiste pas à la tentation du grondement
sourd de Songs for the Deaf. Sûr pourtant que les QOTSA nous pondront un de ces jours un nouveaux chef d'oeuvre.
La critique de Systool ici
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