Mardi 9 juin 2009

C'est un disque qui commence en trombe,par un gros refrain repris en choeur,  comme si on le prenait en cours en fait, comme si on avait quitté la baie d'Oakland pas plus tard qu'hier soir. Et pourtant, Rancid ne s'était pas montré depuis 2003, on n'était pas vraiment sûr de les revoir un jour. Le fidèle batteur Brett Reed avait choisi de continuer sur une autre route, pour ne pas dire qu'il s'est fait vider. Toutes les pointures de Hellcat avaient quitter le label de Armstrong. Bref l'avenir s'annonçait pas radieux, mais les revoilà avec Let the dominoes fall.

Ils sont peut être bien indescructible, mais pour combien de temps encore ? Operation Ivy, c'était déjà il y a 20 ans et la vie ne les a pas épargné. L'évolution des voix est une des choses des plus marquantes. 6 ans de plus de fatigue, d'abus, Tim Armstrong semble par moment comme absent. Lars Fredericksen est plus freak que jamais, maintenant tatoué jusque sur le front. Pour couronner le tout, Matt Freeman et sa voix d'ours aphone a plus accès que d'habitude au micro. Ses ricanements rauques sur LA Rivers sont plus diabolique que jamais. Ensuite, les morceaux sont bien plus mélodiques, des titres comme Skull City sont plus rock'n'roll, ils s'enchainent à grande allure, mais on les oublie aussi vite. Le punk est du bon punk (Disconnected), le ska est du ska sympa (Up to no good), le rock est du rock bien efficace (New Orleans), mais pas grand chose reste en mémoire. Peu d'innovation par rapport au passé, où Tim Armstrong parvenait à fusionner les genres pour sortir des titres venus d'ailleurs, pas la colère monumentale du Rancid IV sur les titres punk.

Malgré cela, on ne peut pas dire que ce disque soit mauvais, il se laisse écouter avec plaisir, c'est juste que c'est du Rancid moyen, un peu facile par moment, à l'image de Poet's Life de disque de reggae de Armstrong sorti il y a 2 ans. Mais si je me montre un peu pessimiste, c'est peut être par nostalgie, le groupe ne vacille pas, il est bel et bien uni. Je ne suis plus trop au courant, du Rancid moyen, c'est bien au dessus de la mêlé à crête. Que vont ils devenir maintenant ? Ils vont se lancer dans une tournée sans fin et puis après ? Peut être qu'ils vont prendre la même direction qu'avait pris Joe Strummer, pas Straight to hell non, celle des Mescaleros. C'est la réussite des titres Civilian Ways et The Highway qui me fait dire ça, et puis je me rappelle du très poignant
My Life to Live sur un disque de Lars Fredericksen. C'est peut être dans ce registre que le groupe sera le plus efficace dans le futur, sans pour autant perdre son âme en chemin. Je dis ça parce que j'ai plus 20 ans, peut être, mais eux non plus.

 


 

 

K'Naan, le somalien d'occident

C'est l'autre matin que j'ai été réveillé par un rap tranquille au refrain qui s'incruste automatiquement. Il y avait quelque chose d'africain, venu du folkore tribal, et puis à la fin des cuivres qui avaient vu Addis Abeba.
C'était K'Naan feat Mos Def pour le titre America qui a l'air paradoxalement le moins occidental de son album Troubadour, qui vaut ce qu'il vaut (j'en sais rien, faut demander aux spécialistes). Mais c'est l'histoire du gars qui est interessante, un destin à part. Il est né en Somalie dans une famille d'artistes. Son père est parti aux USA pour conduire des taxis (l'art, ça doit pas payer en Somalie) et il lui envoyait des cassettes de Public Enemy et consort. Quand la guerre civille a éclaté, lui et le reste de sa famille ont pris ce qui restera comme le dernier vol commercial Mogadiscio - New York. Dingue non ?



http://www.myspace.com/knaanmusic


Par klak - Publié dans : A LA PETITE SEMAINE - Voir les 6 commentaires - Ecrire un commentaire
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