Quand on est doué
avec les pieds, on ne l'est pas forcement avec la tête (je parle pas sur les corners) et quand on entend des footballeurs des plus imminants parler de leur métier, on se dit que c'est pas la
peine de les interroger sur des sujets tels la politique exportatrice du Guatemala ou le renouveau des peintres impressionnsites moldaves. Donc quand un réalisateur consacre un film à un d'eux,
c'est qu'il a quelque chose en plus. Zidane pourtant à peine plus bavard que Bernardo, l'ami à Zorro, a eu le sien. Vikash Dhorasoo, lui est surement
bien plus malin que la moyenne est autant acteur que réalisateur qu'acteur dans Substitute. Mais comme je ne l'ai pas vu on va causer de deux autres, qui implique quatre grands personnages.
Diego Maradona par Emir Kusturica et Eric Cantona par Ken Loach. Deux films très différents, qui n'ont mme rien à voir, mais où
les deux légendes y apparaissent comme idoles.
Maradona, je suis trop jeune pour avoir suivi ses exploits en direct. J'ai vu bien sûr plein de fois ses buts mythiques contre l'Angleterre, ses dribbles à briser les reins des
défenseurs, mais l'image que j'ai de lui reste plus l'homme bouffi cocainomane aussi large que haut avec une couleur blonde orangée dégueulasse. King Eric, par contre reste un de mes personnages
préférés, pas un palmarès délirant mais tout de même élu meilleur joueur de tous les temps de Manchester United, par les supporteurs qui plus est, et ça, ça vaut au moins 42
coupes de la ligues. L'image qui me reste de lui, c'est après une reprise de volée à l'entrée de la surface de réparation qui était parti se loger en pleine lucarne. C'est sa réaction que
j'adore, il n'est pas allé faire la danse de la loutre au poteau de corner. Il s'est retourné lentement, col relevé, torse bombé, la tête haute et l'air grave qui disait prosternez vous simple
mortel. Vous l'avez compris, je m'interesse plus au foot disons sociologiquement que sportivement. Parce que sportivement, c'est un des sports les plus chiants à regarder avec le combiné
nordique et la formule 1. Non je déconne. Quoique.
Maradona par Kusturica, c'est plus un doc qu'un film, le serbe suit l'argentin, filme le début d'une amitié. Deux personnes avec peut être le même caractère exubérant, la joie est immense ou
n'est pas, la peine envoie directement au plus bas, rien au milieu. Mais si el pibe de oro, c'était de l'art sur la pelouse, quand on le fait parler du monde dans lequel nous vivons, on rentre
dans une démagogie sans fond. Il s'est lié avec Fidel Castro qui l'homme le plus intelligent sur terre. On le voi
t arranguer la foule, hurlant des slogan anti-Bush avec dans son dos Hugo Chavez et Edo
Morales qui ont le sourire en coin. Une idole et des rengaines faciles, c'est toujours bien plus efficace que des grands discours. Mais moi j'aime pas ces procédés. Cet anti-américanisme primaire
n'apporte rien du tout. Il a l'air sincère quand il parle du gachis de ses années de dépendance à la drogue, regrette de ne pas avoir vu grandir ses filles. Mais bon, ce qui ressort de cette
rencontre est assez frustrant, Kusturica aurait dû en tirer quelque chose de bien mieux, de la poésie, bordel, de la poésie.
Looking for Eric, c'est tout autre chose. Cantona n'est pas le héros du film, c'est l'autre Eric, postier de Manchester, la cinquantaine au fond du seau. Il est dépassé par la vie, au bout
du rouleau, avec ses beaux fils impossibles et sa fille qui lui confie la garde de sa petite pour quelques temps. Le soir, il est dans sa chambre et questionne le poster grandeur nature de
son idole. La réponse vient dans son dos. C'est le King himself. Et il va pas le lacher tant qu'il n'aura pas remonté la pente. Ils discutent le soir, autour d'un joint et Canto submerge le
pauvre facteur de proverbe énigmatique en anglais de Marseille. Cette dose d'autodérision me plait bien, ça le grandit encore. Et puis Ken Loach en profite pour nous régaler avec les plus beau
buts de Canto et puis il nous montre les supporters sont leur meilleur angle. Ceux qui sont tellement passionnés par leur équipe qui en oublient d'insulter les adversaires. J'ai du mal à
comprendre ces gens là, cet amour fou, mais je les aime bien. Mais en fait, le foot est secondaire là dedans, c'est Eric qu'il faut sauver et c'est dans le tout les jours des sans
grades mancuniens que Ken Loach nous fait rentrer, et on en ressort avec un grand sourire, et les mouettes n'auront finalement pas grandes sardines à se coller dans le bec.
En guise de conclusion, on pourrait dire que ces deux films n'ont rien à faire dans le même article, mais qu'est ce que vous voulez, c'est comme ça. Cantona est acteur, Maradona est entier,
entièrement con. Peut être que Canto aussi est un gros con, mais là il joue donc ça se voit pas. On voit deux visions du foot, en Angleterre, c'est le plaisir qui est mis en avant, en Argentine,
on a beau se régaler des exploits du petit homme balle au pied, il est lamentable quand il insulte arbitres et adversaires dans les loges de Boca. Le résultat du film d'Emir Kusturica est à
l'opposé de son objectif, alors que Ken Loach a parfaitement réussi son coup, et la popularité de Canto ne peut que s'en trouver grandie.
The night of the living dead

En haut ce cadavre, le sang qui tombe sur le plancher
Dehors cette armée silencieuse avance
Lentement broie écrase sans envie
La blonde sur le canapé prostrée
La petite mange le bras de son père
Il était si lâche
La petite crève le coeur de sa mère
Elle l'aimait tant
Et toi tu as lutté toute la nuit noire
Pour te faire descendre par tes sauveurs
A quoi bon se casser le cul
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