VIVANT EN VRAI

Dimanche 12 octobre 2008

La légende dit qu'un beau jour Tod A musicos de Cop shoot cop aurait trébuché dans une rue de New York, devant un commerce russe sur un carton rempli de disques klezmer qu'il sauva de la poubelle. Là commenca une histoire d'amour entre l'américain et la musique d'Europe de l'est qu'il concrétisa en formant Firewater avec des membres de Jesus Lizard ou Elysian Fields. Tod A passa quelques années Bush à voyager de la Turquie à l'Indonésie, ramenant plein de son pour Firewater maintenant plus qu'un side project avec ses musiciens propres.

En ce joli jeudi d'automne, la troupe avait donné rendez vous à la maison de l'étudiant de Pau à quelques curieux qui ont été transbahutés toujours plus à l'est, des Balkans au Penjab jusqu'à Borneo Hey ! Borneo ! A une formation typiquement rock sont rajoutés un trombone et un percussioniste. Tod A a la tête de celui qui vécu, sans parler de sa voix rocailleuse comme les steppes mais qui n'est pas sans rappeler certains de ses illustres compatriotes. Cette rythmique tribal rock n'a rien de neuf remember Bo Diddley, Firewater y rajoute l'exubérance slave dans le drame et dans la joie. Ils savent transformer les guitares en orchestre indien qui fait bouger le public comme un cobra dans sa boite en osier. Les meilleurs titres de leur dernier album The Golden Hour son sur leur
myspace, je vous conseille d'y jetter une oreille.

Avant nous avons eu la chanteuse Lippie accompagnée de sa guitare et de son Human beat box. Avec des airs négligés, elle commence des morceaux qu'elle ne finit pas ou qu'elle interrompt pour dire Putain chui énervée en se grattant la tignasse. Elle raconte des trucs un peu à la manière d'une Mademoiselle K, ça fait surement parti du décor et du personnage mais ça lasse vite sachant qu'elle est capable de chanter et qu'elle a de la personnalité et du timbre comme elle le prouve sur All the cities.

www.myspace.com/realfirewater
www.myspace.com/lippiemusic


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Samedi 16 août 2008

J'ai débarqué à Galway dans l'ouest irlandais en plien festival des arts. Je peux vous dire ques les arts ont bon dos, ils sont prétexte à beuverie dans la principale rue de la ville et sur les bords de mer. A moins qu'on considère la beuverie comme un art. Quelques musiciens de rue pas vraiment intéressants mis à part un groupe espagnol qui faisait une world inspirée et subtile. Et puis il y avait les gros concerts dans la semaine, KT Tunstall, Blondie et puis le vendredi 25 juillet Ash et les Dandy Warhols, j'ai hésité et puis j'y suis allé.

Je pensais que Ash était mort depuis 10 ans, en fait ils ne se sont jamais séparés. Je croyais aussi qu'ils avaient un belle brune à la basse, ils ont un brun poseur. Ils font toujours un peu la même power pop, plutôt efficace. Il y a bien un morceau qui me dit quelque chose, c'est Burn Baby Burn, un single qui avait dû avoir un petit succès à son époque (lecteur deezer à droite pour ceux qui l'ont oublié). En tout cas, ils sont toujours dans le coeur de leur compatriote qui leur font un triophe, tous connaissent les paroles et chantent avec foi. Il y a deux petites devant qui n'en peuvent plus.

              

Les Dandys attaquent sur un lent instru psyché du plus bel effet que Courtney Taylor, dans un très beau t-shirt Starwars,  finit en se regardant les ongles. Il m'énerve déjà. Godless est un grand morceau (lecteur deezer à droite pour ceux qui l'ont oublié). Dommage que les cuivres soient remplacé par des papapapapa chantés un peu cheap, Zia Mc Cabe aurait pû concocter un truc à la hauteur du titre avec ses multiples claviers. Si j'ai toujours beaucoup aimé Thirteen tales from urban bohemia, les disques suivant ne m'ont pas vraiment enthousiasmé. Par contre le public irlandais est des plus généreux. Il saute sur place en levant un bras, poing fermé et gueule des waaaaaaaaa là ou un simple mouvement nonchalant de la tête et des épaules suffirait. Un peu comme les trois fausses blondes au parfait look de bohème urbaine de devant. We use to be friend y passe avec d'autres morceaux de Monkey house puis un nouveau Welcome to the third world, pas top avec son passage vaguement funky. Courtney Taylor se la pète terrible et crache dans la soupe. Le groupe finit sa tournée européenne et n'a fait que des festivals en plein air dans la campagne, c'est naze qu'il dit. Alors que sous ce chapiteau, c'est génial. Il dit aussi qu'il adore venir en Irlande car c'est le plus grand peuple de chanteur qu'il soit. Est ce qu'il beugle Irish Rover dans les pub de Portland ? Est ce qu'il a déjà dit ça aux danois et aux espagnols les jours précédents ? Bref, je suis con parce que me suis dit avant le concert qu'il allait m'énervé, il aurait pu être d'une humilité désarmante que je l'aurais trouvé prétentieux quand même. Le concert est bon en plus. Zia Mc Cabe  a un joli déhanché nonchalant, Pete Holmstrom est sobre. Le sommet restera l'enchainement de Bohemian like you et de Get off, leurs deux meilleurs titres, grand moment, le public apprécie. C'est fini, le groupe n'a pas quitté la scène depuis cinq minutes qu'un voix dans les hauts parleurs nous dit de dégager. Bronca.

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Lundi 21 juillet 2008

I - Vendredi 18 juillet

On a pris la sortie direction Limoges comme le disait le plan. Celui du site et celui de mappy collent pas. On est dans le centre de Angoulême et on sait pas trop s'il faut suivre les panneaux verts. Tiens, plein de gens avec des tentes et des glacières. Sûr qu'ils vont pas à la pêche. Hé les gars il est vers là le parking du camping ? - Oui mais il est plein. Ok on jette la voiture là, on débarque tout et on marche direction le lieu dit la grange de la vallette, site de la 2ème Garden Nef Party. Les BB Brunes on déjà commencé. Montage de tente deux sencondes facile, pause bières tant qu'elles sont encore fraîches. Tant pis pour Alela Diane.
On arrive pour Nada Surf. Déjà pas mal de monde. Le trio power pop est en fin de set. Ils ont déjà joué Popular ? - Non je crois pas. Popular, c'est une des chansons importantes de mon adolescence. Je me suis jamais intéressé au groupe en dehors de ce titre. Sans doute injuste de ma part. L'ultime morceaux est leur dernier single en date. Pas de Popular, bien fait pour ma gueule. Bière et direction petite scène qui l'est pas tant que ça. La troupe Moriarty semble sortir d'un saloon du 19ème siècle. J'aime bien Private Lily, Jimmy, pas vraiment la reprise de Enjoy the silence. On m'enlèvera pas qu'il y a quand même un arrière goût artificiel que n'a pas cette chère Alela par exemple. Et ne me dites pas que leur nom est un hommage à Dean Moriarty.
Les choses sérieuses commencent avec The Kills. VV et Hôtel débarquent et ils en jettent. Surtout VV, rien que l'allure. Alors dès qu'elle chante ... URA Fever. Je préfère les morceaux des deux premiers albums. Trop de boite à rythme sur Midnight Boom, on entend plus ce blues poisseux et libidineux. Mais je fais pas la fine bouche. Le deuxième Fried my little brains me ravit donc, tout comme No wow. J'ai loupé Heavy trash, c'est dommage. Je sais plus trop pourquoi, j'a dû boire des bières et allé chercher un sandwich. On est bien placé pour The Raconteurs. J'ai écouté aucun des deux disques donc je peux pas vous dire ce qu'ils ont joué (je sais c'est pas sérieux) sauf Steady as she goes le grand classico ou tout le monde a tapé des mains à l'intro et a repris en coeur le refrain. C'est carré et bien charpenté, rien à dire. Limite hard rock. Brendan Benson chante la majorité des titres. C'est lui qui a le devant de la scène, mais même le parfait béotien verrait bien que Jack White tient les rênes, allant d'une de ses guitares au piano, chantant de sa voix habité. C'est bizarre, j'ai pas de souvenir particulier de ce concert. Peut être parce que le Brian Jonestown Massacre allait investir l'autre scène (les set sont parfaitement alternés sur les deux scènes, en théorie, on peut ne pas en louper une seconde mais on est pas des machines). Je suis un peu tendu, verra t on le meilleur ou le pire du groupe ? Anton Newcombe est à gauche de la scène dans la pénombre. Premier morceaux, on entend pas sa voix puis ça va. Les gars sont parfaitement détendus, se font plaisir, tout va bien. C'est grandiose. Mister tambourinman est flamboyant en première ligne "I'm Joel Gion, I'm a man" sans blague, avec une barbouze pareille, on en avait pas douté une seconde. Ils montent jusqu'à quatre guitares, impossible de vos dire l'utilité de chacune mais ça fait pas de la bouillie, tout est limpide. Je sais plus trop vous dire les titres (j'ai pas de bloc note sur moi) mais on a droit à un best of de Vaccum Boots à Nevertheless en passant par  Servo ou When jokers attack. Sacrée claque. Des messes comme ça, je veux bien y assister tous les dimanches.
Derrière une croix blanche et un mur de Marshall et de LED (diode electro-luminescente), Justice triture son tableau de bord et balance sa soupe à 10000 volts. Je vois ça depuis la buvette. Ca m'emmerde. Allez une barquette de jambon blanc avec pain de mie et au lit.


   


 II - Samedi 19 Juillet


Réveil à 8h, il va faire chaud, la douche est froide. On va passer la journée dans la ville qui surplombe le camping. Angoulême est une belle ville, je vous conseille de vous y arrêter la prochaine fois que vous monterez sur Chateauroux. Mais le temps n'y passe pas vite à la terrasse des cafés. 15h30, on redescend.
On enfile les chaussures, on met des sous dans les poches et en avant. Tout le monde s'est serré comme des canards sur le peu d'ombre disponible. Les Hushpuppies en plein soleil donc. Bon concert pour débuter la soirée. Le chanteur tout de blanc vêtu est acclamé. Il pète le feu mais ferait mieux de se taire en les morceaux. Il est aussi inpiré que les blaireaux des discos des fêtes de villages "Est ce que ça va ?" Le bassite se prend pour Angus Young pour quelques secondes malgré sa jambe au plâtre. Les classiques You're gonna say yeah ! et Gold on the doors font mouches ainsi que A trip to Vienna et Pale blue eyes. Manque le premier Hushpuppies, dommage. Le chanteur se paye un petit bain de foule et c'est fini. Alors, il a une coquille ? De l'autre côté, c'est Kid Bombardos du Gibus de Bordeaux. Ce n'est qu'une copie des Strokes avec la voix forcée pour ressembler à celle de Julian Casablancas. "Dédicace au ghetto du Haillan" HAHA. Des gars qui les ont déjà vu disent qu'ils valent beaucoup mieux, je demande qu'à croire.
Mademoiselle K nous saoule vite avec les délires qu'elle déblatère. Pause buvette. On va voir Patrick Watson. Y a qu'à s'assoir et ce laisser bercer par son folk tranquille me dit le pote. Ca marche. Le concert débute par un bruyant délire de fin de concert. Oups. Le canadien à l'allure tranquille n'arrête pas, passe du piano à la guitare, s'amuse avec ses pédales, sa casquette et le public. Ses musiciens sont pareils. Jérôme Rothen à la batterie, le guitariste changent d'instruments, une surprise a chaque morceaux entre scie musicale, bout de goutière, xylophone en bois et autres exentricités. Le résultat est excellent, une base folk sur laquelle se greffe des effets noisy. Le tout fait avec beaucoup de passion et d'humilité. Je ne sais pas ce qui ressort de ses disques. Tout le monde est conquis, tout le monde a la banane. Après ça, je crains pour The Do. Le premier Playground Hustle est décevant. Pose miam miam. Je suis l'affaire d'une oreille, la chose n'a pas l'air d'avoir le même charme qu' à la découverte en début d'année.
Pose salvatrice, dans une soirée comme ça, il faut savoir s'arrêté deux minutes. Surtout vu la suite du programme. The Bellrays sont là. Au fait, je vous ai pas dit les grandes tendances à la mode. On note beaucoup de lunettes de soleil avec cadre en plastique blanc genre J'étais au premier concert de Sonic Youth et pas mal de foulard au tour de la tête style J'ai téléchargé l'album de MGMT avant hier. Pour les quatre de Riverside place aux motards, aux 30-40 ans. Ca groove terrible. En haut de ses talons, Lisa Kekaula est éblouissante, elle continue à remuer son afro même entre les morceaux. Ils s'enchainent d'ailleurs très vite. Seules quelques pauses pour des ballades blues dans un show supersonique. On part avant la fin pour se placer pour les Hives. Quel cinéma ! Ils sont trop. C'est ça, le grand rock'n'roll circus. Dans leur costume d'écolier brittanique, ils ont l'air aussi punk que Roger Federer. Mégalomanie effroyable The Hives ! repeat The Hives ! The Hives ! Musicalement, ils ne m'ont jamais vraiment intéressé si ce n'est par le trio Main Offender, Die  Alright et Hate to say I told you so ici interprété avec fougue. Mais le show est formidable. Ce cher Pelle court, saute, monte et descend de la scène, grimpe à l'échaffaudage de la scène sans tomber, parle brillament à la foule et surtout chante parfaitement. On se demande qu'est qu'il y a derrière. Les séances vidéo pour l'étude des poses, les huits heures hebdomadaires de lancer de baguettes, le spécialiste en noeuds de cravates embauché  à plein temps ... Les plus jeunes ressortent du bouillon complètement trempés.
Tant pis pour Adam Green, on attend avec beaucoup d'autres devant la grande scène. Iggy & the Stooges les gars ! Iggy qui danse pendant une heure, va dans la foule, se flagèle à coup de micro, se verse dix litres de flotte dessus. Down on the street, 1969, TV eyes ... Il devient animal durant I wanna be your dog, hurle, se roule par terre. No fun, il fait grimper le premier rang sur scène et fait venir ceux qui regardent backstage, parmis eux les BB Brunes, les Bellrays. Un gamin torse nu mime l'iguane. Real cool time, Search'n'destroy ... Scott Asheton fait des intro de forgeron, son frère Ron Asheton dans une des vestes militaires et ses médailles de sa collection  tricote paisiblement sa guitare solidement ancré in the paint, indéboulonable. Le final de Fun House est apocalyptique, le saxo crie, Mike Watt copule avec l'ampli de basse déjà violé par Iggy un peu plus tôt, ce dernier est pris de démence, envoie au rebus deux pieds de micro et trois micros. Au premier rang plus personne bronche. Il convient ici de rendre hommage au roady des Stooges, ce pauvre homme aussi âgé que le groupe soutient le mur d'ampli quand Iggy y saute dessus, déroule deux kilomètres de cable, va chercher un micro à gauche pour le rendre à Iggy qui le balance dans la foulée à droite. Ange gardien d'Iggy Pop, voilà un métier à la con. Il a dégraffé le bouton de son jean et enchaine les morceaux hard rock du dernier album. La différence de niveau avec les anciens est criante. Un nouveau I wanna be you dog, plus mélodique avec saxo clôt le spectacle, l'Iguane remonte son fut descendu à mi-cul, continue à sautiller jusqu'aux coulisses même s'il n'y a plus de musique. C'est pas encore aujourd'hui que je verrais une bite de sexagénaire.

Voilà, deux jours intenses, dur. Les surprises, des valeurs sûres, des déceptions, du mythe. J'ai eu l'impression d'être quelqu'un de sous alimenté mis devant un festin. Il ne pourra jamais tout avalé et dans deux jours tout sera débarrassé. Mercià l'organisation et aux bénévoles.



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Vendredi 23 mai 2008

Le bulletin tombe le 13 mai BLACK MOUNTAIN CANCELS DUBLIN SHOW TONIGHT:

"Dear Dubliners.

We regret to inform you that the Black Mountain show in Dublin tonight has been cancelled. A member of the band is ill and unable to perform.

We are truly sorry and look forward to coming back to hang out and play for you soon.

Thanks"

Gloups. D'autant plus que le lendemain BLACK MOUNTAIN CANCELS GLASGOW SHOW TONIGHT. Gloups gloups. Puis plus rien, ça doit être bon mais avec la poisse que je me traine, on sait jamais. J'arrive à l'avance comme toujours, mauvais défaut vu que tout le monde est tout le temps en retard. Je n'avais jamais mis les pieds à la Maroquinerie, il ya un resto avec patio sympa, un demi s'il te plait. 3.30€ quand même. Chez moi j'ai le double pour ce prix ! Pas grave. Les groupes boivent un verre au milieu du public. Arrive l'heure de descendre à la salle. Bah c'est tout petit ! Même le Café Music de Mont de Marsan est plus grand (mais pas les affiches). C'est une cave, ça me va. Juste les 50 cm de hauteur de la scène séparent les artistes du public. Pas de sécurité.

                           
 
Phosphorescent attaque. C'est pas un groupe, c'est un barbu seul avec sa guitare et ses pédales. Pour le début du festival LoFolk, la salle est envahie de saturation. Il calme tout ça puis lance des riffs profonds et orageux comme ceux qui remplissent le farwest de Dead Man. J'aime ça mais moins la voix et ses ooohooooohaaahaa plaintif. Il joue avec les effets de boucles. Il boit une bière, fait cuire des macaronis et miracle ça joue toujours. La salle fait connaissance de Sacha. Sera-t-il le boulet de la soirée ? Il en a tout à fait le droit, aujourd'hui c'est son anniversaire. Le barbu ne joue pas plus de 4-5 morceaux et finit pas un Wolves terrifiant de bruit et de cris. Marissa Nadler (chère à GT) attend dans un coin. Elle tient de manière très distinguée une Kronenbourg. C'est à son tour. Elle est seule avec deux micros qui à effet qui font planer sa voix. La petite brune dans sa robe noire conquit le public aisément. C'est beau, c'est d'une pureté inouie. Trop pur, trop beau. Je ne suis qu'un gros paysan des Landes. Un peu de poussière, un peu de crasse ne me dérange pas. T'en veux de la poussière ? Je craignais que Jesse Sykes and the Sweet Hereafter nous versent un folk pleurnichard, ce sera un chouette set entre jam électrique et folk du grand ouest, sans artifices. La grande brune chante d'une voix pleine de gravité. Le  guitariste est inspiré, peut être trop, vu les les regards que lui lance la patronne.


                    

                    

                                Les deux voix de Black Mountain

Après 20 minutes afrobeat, les freaks Black Mountain s'installent. Stormy High. Tout le monde s'est bien échauffé les cervicales et balance la tête en rythme. La machine n'a pas été longue à lancer. Le farfadet Stephen Mc Bean s'agite dans son coin, se plie sur sa guitare, tend le cou pour chanter.  Les morceaux grandioses s'enchainent, Tyrants titanesque, Druganaut groovy, Evil Ways rock'n'roll. Seul la balade folk Stay Free me gêne, pas assez bourrin, non je déconne, quelque chose ne va dans le son de guitare trop fort et trop aigue de Mc Bean à ce moment là. Ce sera le seul.  Amber Webber est au centre de la scène, agite tambourins et maracas paisiblement. Déjà adorable elle est divine dès qu'elle chante, Queens will play est magnifique. Fidèle aux disques, la cavalerie heavy alterne avec les plages planantes, comme sur Bright Light. Un quart d'heure sur
In the Future, combien durera-t-il sur scène ? Plus de vingt minutes d'orage et d'acalmie successifs, avec un long moment de nuisance sonore, les machines agressent les tympans de l'auditoire qui aime ça . Même le batteur, pourtant bien occupé avec ses fûts, a un petit clavier à côté de lui, histoire de balancer quelques bips aigues de temps à autre. Le groupe finit sur les rotules, c'est la fin. Sauf que le public en redemande, en vain. Manquent à l'appel les bijoux du 1er disque, Set Us Free et Heart of Snow, et puis finir sur Night Walks aurait été beau aussi. Jamais content, si si, concert énorme, largement à la hauteur de mes attentes.

Les photos de cet article sont de Oliver Peel
Les photos du concert par
Oliver Peel et par Robert Gill

Par KlaK - Voir les 9 commentaires - Ecrire un commentaire
Vendredi 4 avril 2008

Bon, je me suis tapé 340km (aller retour) à travers les Landes, d'interminables lignes droites bordées de pins, de pins, de pins et aussi de pins pour aller voir Alela Diane à Bordeaux. Mais je n'ai aucun mérite, car j'ai une voiture. Alela, elle, a dû partir il y a plusieurs mois, a traversé le nouveau continent d'ouest en est, le désert, les Rocheuses, les grandes plaines de blé en dilligence avant d'embarquer à New York direction la Vieille Europe et le port de Bordeaux.

Le théâtre Barbey, chouette salle dans le quartier de la gare, est plein de soir. Aux alentours de 21h, un gars se pointe sur scène. Cravate à rayures sur chemise bleue à manches longues, on dirait qu'il sort du bureau, excusez, j'avais un truc super important à finir. C'est Liam Carey, la trentaine, tête blonde d'Ecossais qui s'installe sur le tabouret. Il fait son récital d'une voix rauque pleine de coeur et de foi, chuchote et hurle avec guitare accoustique ou à cappella. Il sera très applaudi par le public, moitié 20-30ans, moitié quadra. Surement une bonne partie des profs de philo, langues, littérature de l'agglomération bordelaise.

Et là, divine surprise, une petite brune aux yeux étincellants vient s'assoir sur la chaise de camping au devant de la scène. Elle ose à peine regarder le public, un "bonsoir" timide. Alela a amené Mariée Sioux !!!  Two Tongues me fait frissonner. A la fois doux, profond, intense. On dirait qu'elle a les larmes aux yeux. Trois titres après elle rejoint les coulisses d'un pas pressé. C'est marrant comme elle avait l'air gênée, hésitant à s'adresser à la foule et même à la regarder, puis splendide dans l'interprétation. C'est l'heure d'Alela, elle est debout pour Clickity Clack, sa voix puissante et conquérante remplie instantanement la salle. Elle est à l'aise et maîtrise. Même si elle a l'air plus manche à la gratte que la petite soeur. Mais les renforts arrive dès le troisième Tired Feet. Au banjo, crâne rasé, méga barbe et voix grave
Matt Bauer, son jules si j'ai bien compris. Autre guitare, moustache, chemise en jean fanée depuis dix ans, Papounet, monsieur Diane en personne. Aux choeurs, retour de Mariée Sioux. L'ensemble de Pirate's Gospel sera joué dans la bonne humeur, sous les applaudissements nourris. Le morceau du même nom sera le mieux acceuilli, pour ma part The Rifle est mon préféré. Quelques traditionnels sont ajoutés, comme Sea Lion Woman, puis une reprise de Kate Wolf, sa chanteuse préférée.

Voilà,
Alela, Mariée et toute la famille était là, ils ont repris la route pour une autre ville, peut être en train cette fois. J'aurais bien écouté la petite quelques minutes de plus quand même, mais je suis comblé comme le public du théâtre Barbey et les autres de France à priori. Fini les clones de Britney et de Diam's, dans les rues, toutes les filles portent des petites robes à fleurs et des bijous indiens ...

Par KlaK - Voir les 3 commentaires - Ecrire un commentaire

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