I - Désolé, j'ai bon goût
Allez viens Julien (il ya des gens qui m'appellent Julien, je n'ai aucune idée pourquoi), t'es vraiment pas drôle !
Premièrement, j'ai beaucoup d'humour. Deuxièmement, j'ai déjà fait tourner la serviette sur Patrick Sébastien tout à l'heure, c'est déjà bien plus que ce que ma religion
m'autorise. Si je viens danser sur Début de soirée, je risque la lapidation et il parait que c'est très douloureux. Cette situation, je l'ai vécu quelles fois. Une partie de
mon entourage que j'aime beaucoup n'a absolument aucun goût musicalement parlant. J'ai bien essayé de les éduquer sans ramener ma science, parce que si je mets du Joy
Division à un anniversaire, c'est normal qu'on me jette des pierres. Non non, j'ai pas fait dans le violent, intercaller du LCD Soud System, du Beck ou
The Passenger au milieu de trucs qu'ils connaissent genre U2, Police. Il y en a toujours un pour aller chercher son Best Of de Michel
Sardouille à la voiture. J'ai abandonné.
Courant Juin avait lieu les fêtes du village dont je suis originaire. Le dimanche midi, c'est le vin d'honneur, l'apéro quoi. A quatre heure de l'aprem, un vieux pote rameute les survivants chez
lui pour manger trois chipos. Un gars excellent, à lui seul, il a fait plus de conneries que tous les BB Brunes réunis mais il est incapable de citer un titre des Rolling
Stones, on ne peut donc pas dire qu'il est rock'n'roll. Bref, on est en terrasse, il fait beau et notre hôte me dit Hé Zizou (il ya des gens qui m'appellent Zizou, je n'ai aucune
idée pourquoi), t'as un cd toi? On pourrait mettre de la musique ? Dans ma surprise, je baragouine un Ouais chepa. Je sais très bien que je n'ai dans ma coche que le premier album de
Black Moutain. Et ça me fait chier, parce que ce disque est génial et que dans 3 minutes, il y a quelqu'un qui va aller chercher son Best Of de Michel Sardouille
à la voiture. Ils respectent rien ces cons ! Je vais pas m'excuser d'avoir bon goût bordel ! Je mets le disque dans la chaîne et repart m'assoir. C'est la musique qui correspond parfaitement au
moment, tout le monde est paisible, les filles discutent tranquillement, des gars comatent et d'autres sublimés par trois jours de fatigue et d'alcool racontent n'importe quoi. Moi je suis naze
mais je suis bien, il fait beau, j'ai du champagne et de la musique, je pourrais rester comme ça des heures. Une déflagration supersonique, tout le monde sursaute, les oiseaux s'envolent, les
vitres explosent. Mon Dieu qu'est ce qui ce passe ? C'est le président Salengro et sa meute qui traquent le gibier dans le coin ? Non, notre hôte est devant sa chaîne dans la position dite de
Lilian Thuram lors de son deuxième but contre la Croatie. Cet animal a mis à volume maximum un cd de cor de chasse que lui a passé des Charentais !!! Vous croyais ça ! Tout un cd plein de cor de
chasse ! Je vous jure que c'est vrai (à part les vitres qui explosent) ! Passé la surprise tout le monde est plié de rire devant le tableau. Moi le premier, en plus j'ai réussi à leur faire
écouter une demi heure de Black Mountain, on m'a même dit que c'était bien. Je suis pas dupe, j'aurais mis un Best of de Toto que ça aurait pareil. Vous méritez
pas le rock, bande de barbares !
II - J'ai cédé à l'élitisme
Il y a deux ans, j'ai créé mon blog. J'ai débarqué sur le net avec mes gros sabots et la prétencieuse intention de faire découvrir de la musique aux gens. Ces gens-là
écoutaient des groupes qui n'existaient pas encore, ces gens-là écrivaient comme dans les livres que je ne lisais d'ailleurs pas. C'est un peu passer d'un extrême à l'autre. J'ai donc tenu mon
blog avec humilité en essayant d'être régulier. Et puis au printemps dernier je me suis pris la tête, tous les articles que je commençais été totalement nul, aucun sujet, aucun disque
n'était assez bon. J'ai failli abandonné le baloch' des nazes. Début juillet, on est allé à la fête du parti communiste landais sur la côte pour voir les Fatals Picards que des
potes n'intervenant pas dans le premier paragraphe écoutaient en boucle. Super soirée sous les pins et sous la pluie. On en est sortit les derniers, on était sous un chapiteau à chanter
Rue de Paname après quoi le militant à la barbe blanche et un béret recouvert de pins révolutionnaires qui nous servait enchainait avec un truc à la gloire de Staline. Marrant.
Deux jours après, j'ai écrit un article là dessus, que j'ai envoyé au PQ mais que je n'ai
pas publié ici. Pourtant je les aime bien les picards, c'est sympa Punk à poule Punk à poule Punk à Punk à poule. Pourquoi ? Parce que je me suis rappelé que notre chère Baronne après un compte
rendu de concert de ces mêmes losers d'Eurovision n'avait plus touché à son crassou des mois durant. Je me suis dit qu'un taliban du rock l'avait attendu au coin d'une rue pour lui crever
les deux tympans. Non sérieusement, j'ai cédé à l'élitisme et ça c'est pas bien. Les Fatals Picards c'est pas Bob Dylan et c'est pas assez bon ni assez sérieux
pour que j'en parle chez moi. Le rock français, aujourd'hui, je n'en écoute quasiment plus mais je ne renie absolument pas mes années Mano, Hurlements d'Leo, Zebda, Sales
Majestés et consort. pour me faire pardonné du playlist 100% française avec même de l'accordéon dedans.
Après ça je suis allé prendre l'air dans l'ouest irlandais, ça m'a remis les idées à peu près en
place.
Voilà, c'est pas dans mes habitudes de raconter ma vie, mais là, c'est exceptionnel, c'est ma participation au Rock'n'Roll Hall of Shame de ce bon vieux Guic'. Le
but était de s'exprimer sur un album, un artiste, une chanson qu'on a honte d'aimer. Je n'ai de poster ni de Céline Dion ni de Justin Timberlake à
l'intérieur de la porte de mon armoire à fringues. La musique est avant tout un plaisir et il n'y a pas de honte à se faire plaisir. Il ya plein de chansons légères, naîves, pas terribles, un peu
datées que j'aime bien sans vénérer pour autant. Exemple: Vous vous rappelez du Lemon Tree de Fool's Garden ? Qui n'a pas aimé ce titre quand il est sorti aux
alentours de 1995 ??? Qui ne prend pas plaisir à le reentendre de temps à autres à la radio ? Pourquoi faudrait il en avoir honte ? Les Talibans du rock, on les emmerde, non ? Ils se
marrent sûrement pas tous les jours en plus. C'est donc plus de la gêne par rapport à la musique que j'aime qui ressort de ces deux anecdotes plutôt opposées, une où j'ai affaire à des gens qui
ne comprennent pas, qui ne savent pas l'apprécier, une autre où je me suis autocensuré dans un souci élitiste qui pue.
Je les avais oublié. L'histoire paraissait si grosse, si irréelle, c'était impossible que les choses en restent là, tout allait
forcement s'arranger pour eux, simple question de bon sens. Pourtant 4 ou 5 ans après un article paru sur Rock & Folk, un autre sur Noise vient rappeler que les 3 de West Memphis sont
toujours en prison et que l'injection létale n'a jamais été aussi proche pour Damien Echols. Petit rappel des faits.
Septembre 93, West Memphis, Arkansas, ceinture de la bible. Trois enfants de 9 ans sont retrouvé dans un fossé ligotés et affreusement mutilés. La police locale, plus qualifiée pour emmerder les
automobilistes que pour traiter ce genre d'affaire, travaille dans l'amateurisme le plus total, sous la pression des médias nationaux et de la population locale excitée par les sermons
dominicaux, et détruit tout les indices. Un homme couvert de sang a été vu près du drive in le soir du meutre avant de disparaitre. Damien Echols, 19 ans, n'est pas un jeune
homme comme les autres, n'aime pas le foot, s'habille en noir et n'a qu'un seul ami Jason Baldwin avec lequel il écoute des disques de Metallica,
Megadeath ou Slayer. Deux mois après, la police n'a toujours pas la moindre piste. Quelqu'un suggère que les auteurs du crime pourrait venir du milieu sataniste.
Quelqu'un d'autre convainc le jeune Jessie Misskeley, mentalement attardé, qu'il aurait vu Damien et Jason dans les parages du meutres le soir même et que ça serait bien d'aller
les dénoncer. Jessie sera cuisiné plusieurs heures durant lesquelles il dira tout et son contraire, répondant à l'affirmative aux suggestions des interrogateurs et finissant même par
s'autoaccuser. Les 3 vont être jugés et reconnus coupables des meurtres. Damien Echols est condamné à mort par injection létale, Jason Baldwin et Jessie Misskeley mineur au moment des faits
condamné à perpète sans preuves aucunes. Des cassettes et des t-shirts de métal ainsi que des livres de Stephen King seront des éléments à charges. Ces goûts musicaux là sont certes discutables
mais il faut que le juge soit un véritable esthète intégriste en la matière pour leur en vouloir à ce point ! Non sérieux, on nage en plein obscurentisme. C'est l'Europe médiévale de
l'inquisition, c'est l'Afghanistan des talibans au sein du pays des libertés ! Les populations locales se déchaînent et lancent la chasse aux sorcières satanistes.

Une équipe de télé de HBO est dépêchée sur place et découvre très vite les incohérences de l'affaire et met la lumière sur l'injustice manisfeste dont sont victimes les désormais West
Memphis 3. Des comités de soutien voient le jour ainsi qu'un documentaire Paradise Lost qui va secouer tout le milieu alternatif, Henry Rollins et Eddie
Vedder en tête. Des compils, des concerts, plus de 10 ans que pas mal de gens s'agitent pour que vérité soit faite. Mais en Arkansas comme partout d'ailleurs, la justice ne sait pas
reconnaître ses erreurs. Aujourd'hui, un rebondissement et un nouveau témoignage orienterait la responsabilité des crimes vers le beau père d'un des enfants assassinés. Le magazine Noise nous dit
que "un nouvel examen par la cour fédérale de l'Arkansas vient d'être fixée pour la période du 8 septembre au 3 octobre. Si ces auditions à venir s'avéraient négatives, le juge Burnett (celui-là
même qui les a déjà condamné) se dit prêt à clore définitivement le dossier et une date d'exécution sera fixée pour Damien. En espérant que le peu de bon sens restant en ce monde reprennent enfin
le dessus.
Site de soutien français: http://freewm3.free.fr
Site prinicpal: http://www.wm3.org
La mode est au grand détournement des couvertures des livres pour gosses Martine. Et la pauvre petite se retrouve coupable de tous les péchés. Du bruit qui pense et Pop hits
se sont associés pour créer le concours Martine Wakenwo Star. Les trouvailles de chacun sur le blog Martine est très pop. Voilà ma contribution:
En même tant que
les Stooges, Martine a découvert les joies des aprem passées dans les herbes folles ...
mais son mec en a eu vite marre de Led Zepellin et lui a dit "Babe I'm gonna leave you" puis a sauté dans le 1er train en direction de la Sibérie centrale...
puis Martine s'est
mises à Turbonegro. Ces dégénérés ont envoyés tous ses amis dans les profondeurs infernales. Elle se sent maintenant très seule et parle aux lapins.
Elle a découvert les drogues
en même temps que les Queens of the Stone Age. Elle perd un epu la boule et voit des gens morts la nuit.
Depuis qu'elle a
vu Easy rider à la télé, Martine fugue souvent en vélo. Les cheveux au vent, elle se croie sur un chopper et beugle Born to be wild.
Elle fugue pour
aller chercher sa dose sur les docks malfamés. Elle pense au Velvet en attendant (casse toi le chien !!!)
Heureusement, les Kinks
son là et lui font passé quelques bons sunny afternoon ...
Les délires martinesques de Ska, Alex, Arbobo
Le rock et les dessins animés, c'est le sujet du jour. Nous nous demanderons si Bob l'éponge est punk et si les Musclés ne sont pas allés un peu trop loin dans la
provoc. Non je déconne. Non juste une petite compil des apparitions des musicos dans nos dessins animés préférés.
Homer est un rocker, c'est clair. Pendant que le bon vieux Abe regardait le 1er pas de l'homme sur la lune, il écouté de la musique au casque. Au moindre riff, il arrache
sa chemise et hurle WOUHOOOOOW !!! C'est un inconditionnel du Grand Funk mais quand ses gosses le prennent pour un ringard, il les
amène à Lollapalooza et les Smashing Pumpkins le trouvent trop cool. La liste des groupes et artistes passés dans les Simpsons est longue. Springfield est
une étape obligatoire pour toute tournée américaine qui se respecte. Les Green Day s'y noient, les Who viennent spécialement pour Homer. Et
Bart, son seul talent à part emmerder le monde, c'est la batterie, au point de s'attirer les foudres des Whites Stripes dans un remake du clip de
The hardest button to button.
Une autre ville au programme de la tournée, une bourgade enneigée du Colorado, South Park.
Korn y chasse les fantômes comme l'équipe de Scoubidou. Le chef de la cantine est un croisement de Barry White et de Isaac Hayes et connaît
plein de stars. Quand il retrouve au trou, Elton John et plein d'amis qu'on lui connaissait pas (Rancid, Primus, Joe Strummer, Ozzy Osbourne qui confond Kenny et
tourterelle) se mobilisent et organisent le Chef aid. Mais ils ne sont rien comparés au groupe local: Timmy and the Lords of the Underground. Timmy étant un petit garçon
handicapé qui ne sait dire que son nom. Ils déchaînent les foules au grand damn de l'ignoble Phil Collins qui tente de les faire splitter car ils ne respecteraient pas le droit à
la dignité humaine.
Les Simpsons et South Park s'adressent plus à un public ado et adulte. Les gamins n'ont pas droit à leur dose ? Si, et ils ont droit à celui qui n'en a jamais assez, Iggy
Pop en personne chante le plus tranquillement le générique des Zinzins de l'espace, cette bande d'extraterrestres qui essayent tant bien que mal de se faire à la
vie sur terre.
Sinon je vois deux cas où les séries animées se sont invités dans les clips. D'abord Paranoid Android de Radiohead avec les aventures de
Robin (le petit gars avec le bonnet) et son pote. Malheureusement le nom dela série m'échappe. On n'y voit Thom Yorke et sa bande que furtivement, installés à une table du
bar. Début 90's, Cher avait bien envie de revenir sur le devant de la scène. Elle n'a eu qu'à mettre un blouson en cuir pour séduire les deux crétins que sont Beavis
& Butthead. Les hardos lui donnent la réplique pour une nouvelle version de I've got you
babe. Voilà comment on fait un tube.
Toutes précisions ou ajouts sont les bienvenus.
Durant ces dernières semaines, Arté a consacré quelques plages de programme aux années hippies avec la diffusion de la comédie musicale Hair,
divers docs sur les groupes de la cote ouest, le psychédélisme et les drogues associées. Mardi, le final, l'incontournable festival de Woodstock puis Roots 67. Le concept,
un artiste d'aujourd'hui reprend un morceau de 1967. Très bonne idée. La curiosité me fait donc rester dans le canapé bien plus tard que d'habitude. Et puis un brin d'inquiétude aussi,
qu'est ce qu'ils nous ont déniché comme "artiste d'aujourd'hui" ? Et mine de rien 1967 fut une année richissime, surement le meilleur crus de l'histoire du rock et de la culture pop.
M s'élance le premier et a choisi Sergent pepper maintenant qu'il est pote avec Sean Lennon. Il l'interprète en français
accompagné de basses de fanfare. C'est réussi, il ajoute sa touche personnelle tout en gardant l'esprit du morceau. Ce que ne fait pas Piers Faccini qui dévitalise et
ramollit Break on through. Hendrix sans guitare, human beat box style. Philippe Katerine et une minuscule asiatique verte fluo joue le jeu et se prennent
pour Sonny and Cher devant un parterre de batterie (c'est dingue comment les mots "parterre" et "batterie" se ressemblent ! j'avais jamais remarqué). Le décor est fait de
couleurs vives, rouge, vert, violet, mais sans parvenir à l'exubérance psychédélique, les producteurs sont même pas drogués. Jean Louis Aubert reprend les Stones, Ruby
Tuesday, avec un mystérieux instrument à roulette et aussi à vent. Un croisement entre une boite à musique et un orgue de cathédrale qui lit un rouleau de papier au fur et à
mesure qu'une madame tourne une manivelle. Surement un ancêtre du sampler. Alain Chanfort pour Penny Lane et je baille dangereusement. Tout le monde chante
doucement. Il est tard, faut pas faire de bruit, les voisins dorment à moins qu'il y ait un inédit de Colombo sur la 1. Tiens une indienne ? Bah Juliette Lewis, je l'aime bien,
elle va apporter un peu d'énergie à tout ça avec Somebody to love, bof, non. Retour au roots, guitare sèche, harmonica et tambourin, la chanteuse américaine Brisa
Roché met du rythme à I'm a believer des Monkees, la chanson préférée de sa maman. J'aime bien et reprend espoir. Arrive une artiste palestinienne avec
sa guitare arabe et chante All along the watchtower en arabe. Désolé, ça me fait rien.
Durant toute l'émission, dès qu'une chanson débute, je cherche la télécommande pour aller à la plage suivante (merde, je regarde la télé) persuadé qu'elle sera chouette. J'ai vraiment cru au
concept de l'émission qui était bien trouvé. L'effort de recherche et d'originalité est indéniable mais ça prend pas. Les titres de 1967 était rock au pire pop, et 40 ans plus tard elles sont
molles, sans mouvement, sans vie, c'est dommage. Je sais pas qui attaque l'hymne San Francisco de je sais pas qui et j'éteins au cas où la suite serait All tomorrow's parties au ukulélé.
Plus de détails, des photos, des vidéos chez Arté
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