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Black Lips - Arabian Mountain

Black Lips - Arabian Mountain

On avait laissé les mecs de Géorgie sur 200 Million Thousand, un disque sale et foutrement dangereux, ils quittaient la casquette de jeunes merdeux pour mettre celle de valeur sûre du genre, le garage. Un genre où il n'est pas aisé de se faire un nom, où vous êtes constament comparé aux anciens. Et pourtant, ils y sont arrivés, sautillant ou dégueulant les Black Lips sont les Black Lips. Je les ai découvert sur la scène de l'Ampli, début 2007, ils se roulaient des pelles, le guitariste grattait avec un pichet de bière avant de le fracasser sur les planches dans un grand sourire imbécile. Je les ai toujours aimé. Aujourd'hui ils sortent Arabia Mountain, il sera différent du précédent. Il sera déjà plus propre et plus travaillé puisque le très hype Mark Ronson est aux manettes, et comptez pas sur moi pour polémiquer la dessus, je m'en fous.

Je m'en fous d'autant plus que le premier extrait Modern Art est tout bonnement excellent, meilleur encore que les derniers Cold Hands ou Short Fuse. On y retrouve ce mélange d'inscoussiance et de cynisme qui les caractérise, plus une efficacité garage redoutable. Puis le disque passe, on se dit qu'il est bon, pas étouffant comme 200 Million Thousand, Arabian Mountain est plus libéré mais violement timbré tout de même, le retour des joyeux tarés en somme. Mais il y a quelque chose qui m'ennuie, peut être un détail, mais qui prend de plus en plus d'importance au fil des écoutes. On n'entend pas que les Black Lips là dessus. Ils ne sont pas tout seuls. Ce saxophone entêtant qu'on entend dès le début n'est pas celui de Gerry Rafferty, non, il est aux Sonics, et Noc-A-Homaest carrément un titre des fous de Seattle ! Puis ces crétins de Ramones débarquent en même temps que Raw Meat. Puis ça tourne à l'obsession, ce piano Stonien martelé ? Ce rythme à Bo Diddley ? Qu'est ce qui se passe ? Non pas que ces morceaux ne soient pas bons ou ces influences mauvaises, mais comme je l'ai déjà écrit plus haut, les Black Lips ont leur identité propre, c'est pas les premières girouettes venues.

Heureusement le phénomène semble n'avoir touché que la musique mais pas l'esprit, et encore, peut être qu'il choquera moins ceux qui avaient moins d'attente que moi sur ce disque. On sent une volonté de se faire plaisir, d'innover et de prendre plus de liberté, ils débordent de la traditionnelle formule guitare basse batterie en incorporant ce saxo donc, mais aussi une scie musicale et même ce crâne humain qu'on voit sur la pochette. Comment ? En percussion, en soufflant dans les narines ? Au final, on n'est quand même pas déçu, ils ont encore répondu présent. Ils ne pouvaient pas aller plus loin dans la veine de 200 Million Thousand. Il n'y a qu'à écouter une folie comme Family Tree pour se dire que, pas d'inquiétude, Mark Ronson n'est pas près de les amener à la pop mainstream.